LESTER B. PEARSON
Au Canada, peu de premiers ministres peuvent se vanter d'avoir
accompli autant de choses en si peu de temps que Lester B.
Pearson. Au pouvoir pendant cinq ans, le premier ministre est à l'origine
de la création du Régime de pensions du Canada,
du régime national d'assurance-maladie, de la Commission
royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme
et du drapeau unifolié, tout cela sans jamais avoir
bénéficié d'un gouvernement majoritaire.
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| Lester B. Pearson |
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En plus de ses deux mandats à titre de 14e premier ministre du Canada,
Lester B. Pearson a aussi mené une carrière brillante pendant
20 ans au ministère des Affaires extérieures, couronnée
par l'attribution du prix Nobel de la paix pour ses initiatives pendant la
crise de Suez en 1956, notamment la création d'une force de maintien
de la paix.
Au cours de sa carrière, Lester B. Pearson - ou « Mike » comme
il aimait qu'on l'appelle - a conservé une attitude
modeste et un grand sens de l'ironie qui lui ont permis de
gagner l'affection de toute une génération de
Canadiens pendant les soubresauts qui ont marqué les
années soixante.
Bien avant qu'il ne parcoure le globe, le jeune Pearson a
déménagé de nombreuses fois avec sa famille
dans diverses localités de l'Ontario à cause
du travail de son père, pasteur méthodiste. Né en
1897 à Newtonbrook, en Ontario (localité qui
fait maintenant partie de Toronto), Lester B. Pearson a passé son
enfance à faire du sport, du hockey surtout, mais aussi
du baseball, son sport favori.
En 1913, Lester B. Pearson entre au prestigieux Victoria College
de l'Université de Toronto avant de s'engager dans l'armée
le jour de ses 18 ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate.
Après quelque temps passé dans l'armée à l'étranger,
Mike s'est consacré aux études universitaires,
a obtenu une bourse pour étudier à Oxford puis
a accepté un poste de professeur à l'Université de
Toronto en 1923.
Sa carrière a pris un tournant historique en 1928 lorsqu'il
a été recruté par le tout nouveau ministère
des Affaires extérieures (maintenant le ministère
des Affaires étrangères et du Commerce international).
Au cours des 30 années suivantes, il a grandement contribué à forger
l'image internationale du Canada à l'ONU et de l'OTAN.
En 1948, il a répondu à l'appel de la politique
et a remporté le siège d'Algoma-Est en tant que
membre du Parti libéral. Il a été immédiatement
nommé ministre des Affaires extérieures et, par
la suite, a occupé le poste de président de l'Assemblée
générale des Nations Unies.
En octobre 1956, le blocus égyptien du canal de Suez
a menacé de se transformer en guerre ouverte. Quand
la Grande-Bretagne, la France et Israël attaqué l'Égypte
pour reprendre de force le contrôle de la voie maritime,
Lester B. Pearson a proposé une autre stratégie
: le déploiement d'une force neutre sous l'égide
des Nations Unies qui serait chargée de maintenir la
paix dans la région. La nouvelle Force d'urgence des
Nations Unies a désamorcé le conflit, et a continué de
le faire pendant les décennies suivantes, sous le nouveau
nom de Casques bleus.
Le tour de force de Lester B. Pearson lui a valu de recevoir
le prix Nobel de la paix en 1957, faisant de lui le premier
Canadien à recevoir cet honneur.
Poursuivant sur sa lancée, Lester B. Pearson a remporté la
course à la direction du Parti libéral en 1958.
Il a redonné vie à un parti sur le déclin,
en proposant des mesures progressistes d'aide sociale, en faisant
appel pour la première fois à un sondeur et en
recrutant des personnalités de talent comme John Turner,
Jean Chrétien et Pierre Trudeau. Après avoir
passé cinq ans dans l'opposition, Lester B. Pearson
s'est imposé à la tête du Canada devant
son rival John Diefenbaker en 1963. N'ayant remporté que
129 sièges (à quatre sièges seulement
d'un gouvernement majoritaire), Lester B. Pearson a imposé un
programme chargé qui a abouti à la création
du Régime de pensions du Canada, du Régime public
d'assurance-maladie et de la Commission royale d'enquête
sur le bilinguisme et le biculturalisme chargée, entre
autres, d'examiner la place des francophones dans l'ensemble
canadien.
Mais son initiative la plus contestée a été l'adoption
d'un nouveau drapeau canadien pour remplacer le Red Ensign
qui n'avait pas de statut officiel. De nombreux loyalistes
britanniques, dont John Diefenbaker, se sont vivement opposés à sa
démarche, alimentant ainsi un mouvement de protestation
publique et un débat politique qui ont duré plus
d'un an. En décembre 1964, l'adoption du drapeau unifolié rouge
et blanc a été soumise au vote... et approuvée.
C'était le premier drapeau officiel dont se dotait le
Canada en presque 100 ans d'histoire.
Lester B Pearson a relevé son dernier défi politique
au cours des célébrations du centenaire de la
Confédération canadienne en 1967. Durant une
visite au Canada dans le cadre d'Expo 67, le président
français Charles de Gaulle a prononcé son célèbre « Vive
le Québec libre » devant une foule rassemblée à l'hôtel
de ville de Montréal. Au beau milieu de la controverse
nationale suscitée par ces propos, le premier ministre
Pearson a répliqué au général le
lendemain, en insistant sur le fait que « les Canadiens
n'ont pas besoin d'être libérés ».
Rabroué, de Gaulle est aussitôt rentré en
France.
À la fin de l'année du centenaire, Lester B.
Pearson en a surpris plus d'un en annonçant son départ à la
retraite. Pendant la course à la direction du Parti
libéral au printemps suivant, Lester B. Pearson a passé le
flambeau au jeune et populaire Libéral, Pierre Elliott
Trudeau. Les autres recrues de la première heure, John
Turner et Jean Chrétien, occuperont aussi le poste de
premier ministre à leur tour.
Après une brève retraite au cours de laquelle
il a écrit ses mémoires et présidé plusieurs
comités de l'ONU, Lester B. Pearson est mort en décembre
1972 après une longue lutte contre le cancer.
De nombreux établissements, écoles et prix portent
le nom de Lester B. Pearson et, depuis sa mort, beaucoup associent
l'homme à la seule création du contingent des
Casques bleus. Toutefois, l'histoire montre que le passionné et
pragmatique Mike était aussi un sportif, un ancien combattant,
un intellectuel et un brillant diplomate. |