WAYNE GRETZKY
Wayne Gretzky n'avait pas encore trois ans lorsqu'il a chaussé des
patins pour la première fois, mais ce fut suffisant
pour convaincre son père, Walter, d'aménager
une patinoire dans la cour arrière de la maison familiale.
Le petit Wayne y passait des heures et rentrait uniquement
pour faire frictionner ses orteils gelés par son père.
C'est à cet âge précoce qu'il a appris à s'abandonner
simplement aux pur plaisir de jouer au hockey, une attitude
qui l'aiderait plus tard à pulvériser de nombreux
records.
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| Wayne Gretzky |
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Wayne Gretzky est né le 26 janvier 1961 à Brantford (Ontario).
Il est le premier enfant de Walter et Phyllis Gretzky et l'aîné d'une
famille composée de Kim, Keith, Glen et Brent. La famille Gretzky était
unie. Wayne se souvient encore des week-ends de son enfance, pratiquement
tous passés à la ferme de ses grands-parents paternels qui vivaient à proximité.
La petite patinoire aménagée dans la cour arrière de
la maison y resta pendant quatre ans et fut surnommée le « Colisée
de Wally ».
« L'hiver, je ne vivais que pour le plaisir d'être sur la glace.
Je me levais le matin et je patinais de 7 h 00 à 8 h 30. À mon
retour de l'école à 15 h 30, j'y retournais et je ne rentrais
que lorsque ma mère insistait pour que je vienne manger. J'avalais
mon repas, patins aux pieds, puis je ressortais aussitôt », se
rappelle Wayne dans le livre Gretzky: An Autobiography (HarperCollins, 1990).
À l'âge de six ans, Wayne est déjà prêt
pour de plus grands exploits. Il participe aux essais des Steelers de Nadrofsky
de la division A, niveau novice. Il est pris et joue avec des garçons
de dix ans. À sa première saison, il ne compte qu'un but, mais
dès l'année suivante, il en compte 27. Son habileté à compter
des buts s'est ensuite accrue de manière exponentielle, et à sa
cinquième année dans le hockey organisé (1971-1972),
il obtient le total ahurissant de 378 buts. Un journal de London (Ontario)
le surnomme alors « Great Gretzky » (« Gretzky le magnifique »).
Une ascension fulgurante
En 1972, Wayne Gretzky fait une rencontre capitale. Invité à une
soirée organisée par le club Kiwanis en l'honneur des « grands
sportifs » en compagnie de grandes vedettes sportives comme Joe Thiesman,
il est présenté à son héros de toujours, Gordie
Howe. Au cours de cette soirée, Howe lui conseille de pratiquer sans
relâche son lancer du revers. Plus tard, pendant qu'il accumulait ses
exploits dans la LNH, Gretzky deviendrait un bon ami de Howe.
De 1972 à 1973, Wayne Gretzky passe au niveau peewee avec les Lumbers
de Turkstra. À 13 ans, il compte déjà un impressionnant
total de 1 000 buts. Toutefois, la joie que lui apportent ses succès
est amoindrie par la jalousie dont il fait l'objet. Les parents des autres
enfants le traitent souvent de « mangeur de rondelles » et des
garçons plus vieux le menacent. Souvent, Wayne rentre chez lui en larmes
après ses matches de hockey.
Gretzky est ensuite promu à la ligue junior B de la région
de Toronto où il joue avec des jeunes de 20 ans. À 16 ans, les
Greyhounds de Sault Ste. Marie de l'Ontario Hockey Association (ligue de hockey
junior majeur de l'Ontario) le repêchent. Il demande le chandail numéro
9 (le numéro de son idole, Gordie Howe), mais celui-ci est déjà pris.
Son entraîneur lui propose de tout simplement ajouter un deuxième « 9 » et
de porter le numéro 99, le numéro qui devait contribuer à sa
renommée. Cette année-là, il a battu le record de la
ligue junior majeur pour les buts comptés, les aides et les points
inscrits dans une saison par une recrue (70-112-182) et a récolté plusieurs
trophées individuels dont celui de « joueur le plus intelligent ».
Ses coéquipiers le surnommaient « Ink » à cause
de toute l'encre qu'il faisait déjà couler dans les médias.
En effet, les revues Maclean's, Sports Illustrated et même le New York
Times ont tous publié à un point ou à un autre des articles
louangeurs sur la supervedette en puissance qu'il était devenu.
Wayne Gretzky est passé chez les professionnels à l'âge
de 17 ans avec les défunts Racers d'Indianapolis de l'Association mondiale
de hockey qui l'échangèrent ensuite aux Oilers d'Edmonton. Cette
année-là, Gretzky gagne le trophée de la recrue par excellence
de l'AMH grâce à ses 46 buts et 110 points. Les amateurs de hockey
ne s'y trompent pas et partout où il se produit, ses qualités
exceptionnelles de passeur et son habileté à manier le bâton
lui valent des ovations debout. En 1979, la LNH avale l'AMH en difficultés
financières et l'équipe d'Edmonton obtient une franchise dans
la Ligue nationale de hockey. Malgré un début de saison plutôt
lent, imputable à une amygdalite, Gretzky affiche en fin de saison
un total impressionnant de 51 buts et devient de ce fait le plus jeune joueur
de l'histoire de la LNH à compter 50 buts dans une saison. Amateurs,
joueurs et entraîneurs ne tarissent plus d'éloges sur son extraordinaire
coup de patin et son habileté à manier le bâton.
« Gretzky voit sur la glace des choses que personne d'autre n'est en
mesure de même apercevoir », aurait déclaré à l'époque
Harry Sinden, directeur général des Bruins de Boston.
À sa première saison dans la LNH, il remporte le Trophée
Hart Memorial (remis au joueur le plus utile à son équipe) et
le Trophée Lady Byng, remis au joueur le plus gentilhomme. Au cours
de sa carrière, il a gagné dix fois le Trophée Hart et
remporté le Trophée Art Ross (remis au meilleur compteur de
la Ligue) sept années de suite.
La naissance d'une dynastie
La saison suivante, les Oilers font l'acquisition de Paul Coffey, Jari Kurri,
Glenn Anderson et du gardien de but Andy Moog. Comptant déjà sur
les services de Kevin Lowe, Mark Messier et Wayne Gretzky, les Oilers d'Edmonton
ont désormais un noyau de joueurs qui fait l'envie de toute la Ligue.
Tout au long des années 80, les Oilers ont dominé le hockey
professionnel, avec à leur tête Wayne Gretzky qui au cours de
cette période, a obtenu une moyenne de 192 points par saison. Au cours
d'une seule et même semaine, soit du 30 mars au 1er avril 1981, il a
battu le record du nombre de points obtenus dans une saison (152), qui appartenait à Phil
Esposito, et le record du nombre d'aides réussies (102) en une saison,
que détenait Bobby Orr. En 1983-1984, il amorce la saison avec une
série de 51 matches consécutifs avec au moins un point. De 1980 à 1988,
les Oilers ont atteint la finale de la Coupe Stanley cinq fois et gagné le
prestigieux trophée quatre fois.
En 1984, Wayne Gretzky offre à tous les membres de sa famille un billet
d'avion pour Edmonton afin qu'ils viennent assister au triomphe de son équipe
contre les Islanders de New York et qu'ils le voient pour la première
fois hisser la Coupe Stanley à bout de bras.
« J'ai tenu dans mes mains des femmes et des bébés, des
bijoux et de l'argent, mais rien ne me procurera jamais autant de plaisir
que d'avoir tenu ce trophée », écrit Gretzky dans son
autobiographie de 1994.
Parallèlement à ses succès sur la glace, Gretzky élargit
ses horizons. Il accepte de travailler pour des organismes de bienfaisance
en plus de servir de porte-parole à différentes entreprises
et produits. Au fil des ans, son nom sera associé à des parfums,
des vêtements de sport, un jeu vidéo, du papier peint, des boîtes à lunch
et une compagnie d'assurance vie. À l'époque, il fréquente
la chanteuse Vicki Moss depuis 1979 et est devenu très proche du frère
de la chanteuse, Joey, qui souffre du syndrome de Down. Gretzky lui obtient
un emploi dans le vestiaire des Oilers. C'est aussi la mère de Vicki
qui répond aux quelque 1 000 lettres qu'adressent à Gretzky
tous les mois ses légions d'admirateurs.
En 1984 et 1987, avec l'aide cruciale de Wayne Gretzky, l'équipe canadienne
gagne la Coupe Canada. Dans la finale de 1987 contre les Soviétiques,
Mario Lemieux, prochaine supervedette pressentie de la LNH, compte le but
gagnant sur une passe de Gretzky.
« Wayne est probablement le plus habile passeur de l'histoire du hockey »,
déclare Lemieux aux journalistes après le match.
Un changement radical et soudain
En 1988, les Oilers gagnent leur quatrième Coupe Stanley et quelques
mois plus tard, soit en juillet, Wayne Gretzky convole en juste noces avec
l'actrice et mannequin américaine Janet Jones (il avait rompu avec
Vicki l'année précédente). La noce fut grandiose, on
parla même de « mariage royal canadien ». Le couple échangea
ses vœux dans la plus grande église catholique romaine d'Edmonton
devant plus de 700 invités. Gordie Howe, le gardien de but soviétique
Vladislav Tretiak et le comédien canadien Alan Thicke étaient
présents.
À Edmonton, la liesse est de courte durée. Les affaires de
Peter Pocklington, propriétaire des Oilers, vont de mal en pis et celui-ci
commet l'impensable : il échange Wayne Gretzky aux Kings de Los Angeles.
En plus de recevoir plusieurs joueurs en échange du «Magnifique »,
Peter Pocklington empoche quelques 15 millions de dollars US. Les partisans
de l'équipe sont atterrés. Plusieurs s'en prennent à Janet
Jones et la blâment pour cet échange. Au cours d'une conférence
de presse donnée au mois d'août, Gretzky éclate en sanglots
au beau milieu de sa déclaration.
Dans les jours qui suivent, Pocklington accuse Gretzky d'avoir versé des « larmes
de crocodile ». Des partisans brûlent Pocklington en effigie à l'extérieur
du Colisée d'Edmonton. Des lettres de protestation sont expédiées
au gouvernement canadien pour que l'échange soit annulé, mais
le marché est bel et bien conclu et il tient.
Les ventes d'abonnements des Kings de Los Angeles doublent aussitôt. À sa
première apparition à Edmonton dans l'uniforme des Kings, les
partisans se lèvent et ovationnent Gretzky pendant quatre longues minutes,
ce qui n'empêche pas les Oilers de gagner le match au pointage de 8 à 6.
Cette année-là, les Kings finissent la saison au quatrième
rang du classement général, mais sont éliminés
par les Flames de Calgary en séries éliminatoires. La saison
suivante, Gretzky se présente à Edmonton à l'aube d'un
jalon crucial dans sa carrière. Il est sur le point de battre le record
du plus grand nombre de points en carrière par un même joueur,
record qui appartient à Gordie Howe (1 850 points). Avec 53 secondes à jouer
dans le match, Gretzky marque sur un lancer du revers...
Au cours des années qui ont suivi, Wayne Gretzky a permis à sa
nouvelle équipe de s'approcher de son but ultime, la Coupe Stanley.
En 1993, les Kings éliminent les Maple Leafs de Toronto en finale de
conférence dans une série de sept matches excitante au possible,
mais sont ensuite défaits par les Canadiens de Montréal dans
la finale de la Coupe Stanley. Au cours de ses cinq saisons avec les Kings,
Gretzky tisse des liens d'amitié avec le propriétaire de l'équipe,
Bruce McNall. Les deux investissent ensemble dans des chevaux de course et
en 1991, en compagnie du comédien canadien John Candy, ils achètent
la franchise des Argonauts de Toronto. Vers le milieu des années 90,
l'empire commercial de McNall s'effondre et l'amitié entre Gretzky
et McNall traverse une période sombre. Ce dernier est reconnu coupable
de fraude et condamné à une peine de prison.
Les adieux
Au cours de la saison 1995-1996, Wayne Gretzky quitte les Kings pour se joindre
aux Blues de St. Louis, mais son passage au Missouri est bref, car dès
la saison suivante, il passe aux Rangers de New York et va rejoindre son ancien
coéquipier des Oilers, Mark Messier. Au cours des trois saisons suivantes
avec les Rangers, sa carrière connaît des hauts et des bas. Même
s'il domine les pointeurs de l'équipe, celle-ci ne parvient pas à profiter
de son immense talent, et plus souvent qu'autrement, ses coéquipiers
n'arrivent pas à saisir ses passes savantes. En mars 1999, il atteint
le total de 1 072 buts en carrière, statistiques de l'AMH et de la
LNH combinées. L'amour de Wayne Gretzky pour le hockey ne s'est jamais
démenti.
« Lorsque des jeunes me demandent où je trouve mon entrain,
je leur réponds que nous sommes payés pour nous amuser et qu'il
faut en profiter parce qu'un jour, tout cela s'arrêtera », a écrit
Gretzky dans son autobiographie de 1994.
Au printemps 1990, les rumeurs s'accumulent. Gretzky le Magnifique serait
sur le point d'annoncer sa retraite. Il joue son dernier match en sol canadien
le 15 avril 1999 à Ottawa. Les partisans brandissent des pancartes
suppliant Gretzky de ne pas prendre sa retraite et de jouer encore une année.
Après le match, il n'y a pas, comme le veut la tradition, de choix « des
trois étoiles ». Wayne Gretzky est désigné seule
et unique étoile du match. Trois jours plus tard, il joue son dernier
match au Madison Square Garden à New York. Après la partie,
il donne une conférence de presse et déclare :
« En mon for intérieur, au plus profond de mon cœur, je
sais que le moment est venu de partir. Je n'ai donc pas la moindre hésitation.
Je ne jouerai plus jamais au hockey. »
Plus tard cette même année, il fut intronisé au Temple
de la renommée du hockey à Toronto. La LNH retira le numéro
99 et la Ville d'Edmonton rebaptisa l'autoroute menant au Northlands Coliseum,
promenade Wayne-Gretzky. En face du Northland Coliseum, on a élevé une
statue du Magnifique.
En novembre 2000, Wayne Gretzky se joint à la direction d'Équipe
Canada et sous son leadership, l'équipe remporte la médaille
d'or aux Jeux Olympiques d'hiver de Salt Lake City en 2002. Il est aussi directeur
exécutif d'Équipe Canada à la Coupe du monde de hockey
de 2004, anciennement la Coupe Canada. L'équipe canadienne y remporte
la finale devant la Finlande. Wayne Gretzky est aussi copropriétaire
des Coyotes de Phœnix de la LNH.
Il travaille au sein d'innombrables organismes de bienfaisance, dont les Œuvres
de bienfaisance pour enfants Ronald McDonald, et sa fondation aide les enfants
défavorisés de partout en Amérique du Nord à jouer
au hockey.
Wayne Gretzky est aussi un père dévoué. Janet et lui
vivent en Californie avec leurs cinq enfants : Paulina, Ty, Trevor, Tristan
et Emma. Ty et Trevor jouent au hockey et Paulina étudie le ballet.
Dans une entrevue donnée en 2004 à l'émission de la
Radio anglaise de Radio-Canada, The Inside Track, Wayne Gretzky déclare
qu'il est plus difficile d'élever des enfants que de jouer au hockey.
« J'essaie de leur apprendre qu'une bonne attitude permet souvent de
se surpasser dans la vie et qu'il est important de toujours respecter les
personnes que l'on côtoie. »
Wayne Gretzky inculque à ses enfants les mêmes qualités
qui ont fait de lui un champion dans tous les aspects de sa vie.
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